Séance 2



APPROCHE GEOGRAPHIQUE DE PARIS



I — Les grands axes parisiens


Axe central : de la Défense à Notre-Dame, qui traverse l'Arc de Triomphe, les Champs-Elysées, la Concorde, les Tuileries, le carroussel du Louvre, la pyramide du Louvre, Notre Dame.









Les arrondissements : une forme circulaire







Qui s'explique par l'annexion des villages périphériques en 1859







II — Les disparités est/ouest de Paris



Le Paris politique : au centre-ouest de Paris




Afficher Lieux politiques dans Paris sur une carte plus grande


Les disparités est-Ouest

ouest
plus riche et cher
bourgeois
bureaux


est
populaire
ouvrier
plus peuplé

Paris politique / Paris populaire


Paris aux dernières élections municipales





La ville aux Parisiens


Les voies sur berges, la ville aux piétons


Voir images avant/après

La carte des voies sur berges : musée d'Orsay 
vidéo Delanoë

Une mise en valeur de la seine, longtemps oubliée comme axe structurant de Paris

espace de circulation en bateau (batobus)
réappropriation, reconquête des berges avec Paris-plage



III - La statuomanie parisienne 

De nombreuses statues représentant des personnages célèbres dans l’espace public parisien furent érigées entre 1870 et 1914, sous la troisième République (1870-1945)

un phénomène qualifié de « statuomanie », 


1870 - 1914 : 170 statues sont érigées à Paris dans l'espace public


par comparaison :


1815 - 1870 : 25 statues


Définition de l'espace public : les rues, les places, les squares, les jardins


Exclus : les cimetières : espace qui a une fonction différente, tournée vers la mort, le souvenir de la mort


alors que l'espace public est tourné vers la vie, le souvenir de la vie


la commémoration = se rappeler la vie de quelqu'un ou un événement historique marquant,


Cérémonie en souvenir d'une personne ou d'un événement, religieuse ou non.


Pour l'anniversaire de la naissance ou de la mort d'une personne célèbre


ex : le centenaire de la naissance, le bicentenaire...










Pourquoi ? 




1 — La troisième république est un régime jeune,

difficulté à installer la République tout au long du XIXe siècle, instabilité politique

en quête de légitimité historique,

avec une volonté didactique = d'éducation des citoyens

qui ont obtenu le suffrage universel direct en 1848 (pour les hommes seulement). 

Besoin d'un ancrage dans l’histoire : grandes figures des Lumières, grands citoyens artistes et hommes de lettres.

Les statues de rois et de saints sont remplacées par des citoyens qui se sont fait eux-mêmes, indépendamment de Dieu ou de leur naissance, dans un contexte de laïcisation de l'espace public

 2 - Education des citoyens :

 Lois de Jules Ferry : L'école sera :
- gratuite, le 16 juin 1881,
- laïque et obligatoire pour tous les enfants de 6 à 12 ans ; le 29 mars 1882.



Après la défaite de Sedan en 1870
Le ministère de l'Instruction publique d'alors, avec Jules Ferry, cherche à souder les français dans une identification patriotique. 
Le patois est interdit car il faut parler tous la même langue française.



L'instituteur remplace le curé il propose une autre morale, 
 la morale républicaine.















Monument Jules Ferry dans le jardin des Tuileries












Encore récemment, le nouveau président de la République a prononcé un discours le jour de son investiture (le 15 mai 2012).



Témoigne d'une volonté de développer une politique en faveur de l'éducation. 









3 — démocratie participative : initiative des citoyens, narcissisme de la classe bourgeoise : dans les salons bourgeois on va constituer un comité, ouvrir une souscription et demander un site à la Ville de Paris. La statue est ensuite inaugurée en grandes pompes sous les regards émerveillés des citoyens et auréole ainsi les élus parisiens.



4 — Le contexte de vaste modernisation menée par Haussmann sous le Second Empire, visant à remédier à l’insalubrité et à faire de Paris une ville moderne et pacifiée, crée de nouveaux espaces, écrins de la statuomanie que les statues se chargeront d’orner. 



Le culte des grands hommes renforce cette philosophie humaniste qui sous-tend le nouvel urbanisme. La rue devient un espace de mixité sociale, le flux des piétons et des véhicules transforme la ville en un spectacle toujours renouvelé. 



Les statues ornent les grands boulevards et les larges perspectives créés par les travaux d'Haussmann.





De manière générale, on observe une floraison de statues sur les façades, dans l'architecture, pas seulement représentant des grands hommes :


ATLANTE












CARIATIDE










ALLEGORIE 
= représenter une idée abstraite par une image, souvent par une femme












La ville elle-même devient une œuvre d’art : les monuments, que l’on découvrait par surprise dans la cité médiévale deviennent des points de mire. Le monument est dégagé, entouré d’une place, sorti en quelque sorte de la gangue des siècles pour être présenté comme un objet, sur un écrin. 





La ville existe désormais par la contemplation de ses monuments et l’espace de vie qu’elle propose. Les statues publiques participent de ce nouveau spectacle donné aux Parisiens. 



La statue est un moyen économique, en termes d’espace, de faire de la ville 
une œuvre d’art tout en diffusant 
un message politique visant à l’édification du citoyen, notamment au moyen des inscriptions dédicatoires. 

inscriptions dédicatoires = explications de qui est la personne représentée
nom, profession, dates de naissance et de mort
message court
sorte de sous-titre





Essaimées sur de multiples sites, les statues proposent ainsi une géographie symbolique de la ville 
et marque l’espace urbain 
d’un visage et d’un nom. 


La statue érigée dans l'espace public propose une certaine représentation d'une personne digne d'éloge, qui incarne un certain nombre de valeurs et de qualités. 
Le support plastique complète les discours idéologiques de l'époque. Élément signifiant et structurant de l'espace urbain, la statue est une balise qui montre l'exemple aux passants. Elle incarne la spécificité d'une époque : un processus historique, politique, social et esthétique. 


L’image de la Capitale se modifie radicalement dans la seconde moitié du XIXe siècle : 

Paris, ville de la barricade et de la fusillade se transforme en capitale du divertissement.

Exemple frappant : le projet de transformer les fortifications  (anciens remparts de la ville) de Paris en jardin, lieu de promenade

La ville devient un espace de loisir, de vie et de bien-être, non plus seulement un objet fonctionnel. 


 
L’essor de la promenade intra urbaine, sorte de tourisme émergeant à l’échelle de la ville, amorçait une perception nouvelle de la cité. 

L’haussmanisation de Paris inscrivait, dans l’espace public de la capitale, l’esthétique des élites sociales du temps. 

Si la statuomanie témoignait de la démocratisation de l’hommage public, elle marquait également l’affirmation des classes bourgeoises. 

Paris se pacifie : lieu de révolte et de répression, 
elle devient un lieu de déambulation et de flânerie 
et s’accompagne d’une modification du rapport à l’espace urbain. 

La rue est désormais propre et sûre, les classes sociales peuvent s’y mêler. 

Et les statues participent à cette pacification de l'espace public.


Les statues de femmes célèbres :
La femme est plus couramment utilisée dans l'art public comme

- Vierge







- corps nu décoratif









Contraste entre la coiffure et le corps nu !




Opéra Garnier


Façade de l'opéra Garnier : le scandale esthétique de Carpeaux (1869)
L'original se trouve au musée d'Orsay





 L'académisme




- allégorie

Marianne, allégorie politique de la France




Autre allégorie : La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix




Vidéo sur Marianne
Vidéo sur la figure de Marianne
Exposition de bustes de Marianne



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